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Publié par Patrick GAMACHE

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 vérités :

"[...] nous sommes, selon toute vraisemblance, à la veille d’un bouleversement politique majeur. J’ignore encore à quoi il va ressembler et, surtout, ce qui viendra après. J’avoue que cela ne laisse pas de m’inquiéter. Mais, je me dis aussi que tout vaut mieux que cette lente agonie de notre pauvre pays.Ce qui est certain, c’est qu’un mouvement puissant, qui vient du plus profond du peuple français, est lancé et que les mots d’ordre ne l’arrêteront plus. De quoi s’agit-il ? Du changement de nature de la mobilisation contre le projet de loi Taubira. La manifestation du 24 mars n’avait rien à voir avec les manifestations précédentes. Cette manifestation n’était plus seulement une manifestation contre un projet de loi « sociétal », mais aussi contre un système de gouvernement autocratique. Les slogans étaient beaucoup plus politiques que le 13 janvier. Et ce qui m’a le plus frappé, c’est que les manifestants autour de moi ne se préoccupaient absolument plus de savoir s’il était ou non possible d’obtenir le retrait du projet Taubira. Ils étaient déjà passés à autre chose. L’exaspération était à son comble. Et la question du mariage n’était plus le seul moteur de la mobilisation.

Plus exactement, la question du mariage a, comme d’un seul coup, dessillé les yeux de nos compatriotes, sur la propagande médiatique et sur le mépris des gouvernants à l’égard du peuple qu’ils sont censés représenter. Un rouleau compresseur s’est lancé et il ne s’arrêtera pas. Le plus étonnant est qu’il ne s’arrête même pas aux appels des organisateurs du mouvement. Pendant toute la manifestation, les appels au calme se sont multipliés (à tel point que cela devenait singulièrement agaçant !). Et, pourtant, des milliers de manifestants se sont retrouvés sur les Champs-Élysées interdits. Contrairement à ce que prétend Manuel Valls (qui va jusqu’à parler de « factieux » – et, pourquoi pas de « tentative de coup d’État », pendant qu’on y est !), ce n’étaient nullement des extrémistes. C’était, au contraire, ce que Gabrielle Cluzel a joliment appelé la « France bien élevée ». Cette France bien élevée a été gazée et matraquée par les CRS. Mais elle est restée stoïque, considérant manifestement qu’elle était chez elle sur les Champs-Élysées. Il faut prendre la mesure de ce profond changement.

Encore une fois, j’ignore où cela nous mène. Mais nous pouvons d’ores et déjà décrire ce que nous voyons – et que ne semblent pas remarquer ni les médias, ni le gouvernement. D’abord, ce mouvement de fond est extraordinairement puissant : c’est un tour de force de réunir plus d’un million de personnes en quelques semaines, malgré tous les obstacles opposés par le pouvoir. Je rappelle que 72 heures avant la manifestation, nous ignorions où elle aurait lieu. Il n’y a eu quasiment aucun dérapage, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le ministère de l’Intérieur n’y est pour rien, puisqu’il a tout fait pour que ça se passe mal, allant même jusqu’à annoncer une manifestation de 100 000 personnes – et donc, j’imagine, à prévoir un dispositif en conséquence !

Ensuite, contrairement aux apparences, ce mouvement n’a pas de chef. Il n’est incarné par aucun parti. Il n’est pas non plus incarné par les porte-parole de la Manif pour tous, puisque leurs appels au calme n’ont nullement « calmé » les manifestants dont l’exaspération et la détermination étaient palpables. Cette absence de chef est évidemment une faiblesse. C’est aussi une force, puisque cela signifie que personne n’a le pouvoir de stopper ce mouvement.

Je note, encore une fois, le rôle d’internet dans cette mobilisation : nos amis de Nouvelles de France, du Salon beige et quelques autres ont fait un excellent travail pour briser le mur du silence de la grosse presse – et pour montrer les vraies images des prétendus « débordements ». Enfin, c’est un mouvement politique. En particulier, il est remarquable que dans l’avenue Foch où la sonorisation de la manifestation ne parvenait pas, les manifestants ne criaient pas seulement: « Taubira, ta loi, on n’en veut pas! » Ils criaient aussi, et bien davantage: « Hollande, démission! » En réalité, même la démission de François Hollande ne suffirait plus à faire rentrer ce rouleau compresseur au garage. C’est le « système » que les manifestants veulent abattre, cette espèce d’oligarchie libertaire qui bâillonne le peuple et prétend parler pour lui. Je ne pensais pas voir de mes yeux un tel mouvement. Mais je crois profondément qu’il est une chance magnifique pour la France !"

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